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Effet stabilisant de membrane
Réduction de perméabilité des canaux ioniques membranaires des cellules myocardiques à l’origine d’une modification particulière des potentiels d’action. Les stabilisant de membranes sont appelés parfois "bloqueurs du canal sodique".
Elle est est la conséquence de l'interaction non spécifique de certaines substances lipophiles avec les lipoprotéines de la membrane, entraînant une altération de ses propriétés électrophysiologiques. Cette réduction a été observée initialement en présence des antiarythmiques de classe I dont les quinidiniques, d’où le synonyme d’ « action quinidine-like ».
A faible dose, les stabilisants de membrane entraînent une prolongation de la repolarisation ventriculaire des fibres à réponse rapide, ce qui se traduit par un aplatissement des ondes T et un allongement de l’intervalleQ-Tc (cf. Syndrome duQT long).
à forte dose :
Ils prolongent la dépolarisation ventriculaire des fibres rapides (inhibition du canal sodique rapide) ce qui élargit les QRS. Cela s’exprime particulièrement bien dans la dérivation VR où une onde R supérieure à 3 mm, ou un rapport R/S supérieur à 0,7, est très souvent le signe révélateur d'un blocage des canaux sodiques (cf. antidépresseur myocardique). Parmi les signes ECG révélateurs d'une intoxication par stabilisant de membrane, cette onde R ample en VR est la plus révélatrice. 
Les QRS peuvent devenir "monstrueux" (bloc intraventriculaire) [1]. L’aspect est parfois comparable à celui observé au cours d’un syndrome de Brugada ou d’une hyperkaliémie.  
Ils altèrent la dépolarisation des fibres à réponse lente ce qui se traduit par des troubles de l’automatisme et une prolongation de la conduction intra-auriculaire et auriculo-ventriculaire.
Des troubles du rythme, lents ou rapides, sont possibles et parfois fatals (tachycardie supraventriculaire, tachycardie ventriculaire, bloc Av de haut degré, asystole…).
Les stabilisants de membrane sont nombreux. Il s’agit en particulier des antiarythmiques de classe I, antidépresseurs tricycliques, chloroquine et cocaïne. Mais de très nombreuses substances possèdent cette propriété dose-dépendante : certains bêtabloquants (propranolol et sotalol), certains antipaludéens dont quinine et halofantrine, les phénothiazines, anti-histaminiques, le dextropropoxyphène, le magnésium
 
La thérapeutique - à base de sels de sodium hypertoniques et alcalins - repose sur la largeur des QRS (cf. Antidépresseurs tricycliques).
 
 
 
 
 
Dr Pierre Taboulet
Pierre Taboulet
Cardiologue
Urgentiste
Hôpital Saint-Louis (APHP)

 
Ce site est construit à partir du livre

ISBN : 978-2-224-03101-5

publié chez
Vigot-Maloine
(Ed. 2010)
 
 
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