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Extrasystole infundibulaire

Extrasystole ventriculaire originaire de l’infundibulum ventriculaire (plus souvent le droit). Il n’y a pas de cardiopathie sous-jacente identifiable. Elles sont dues à un automatisme anormal avec activité déclenchée et considérées comme bénignes. Elles ont été décrites par MB Rosenbaum en 1969.

Elles sont fréquentes et reconnues à une morphologie caractéristique : plutôt fines (≤ 0,12 sec), monomorphes, non crochetées et de grande amplitude avec un retard gauche (rS en V1-V2) et axe droit (environ 120°) ou vertical (aVF) et un couplage variable mais plutôt long [(RR’/QT) > 1)]. L'onde S est petite ou absente en DI.

Elles ont tendance à disparaître lors des accélérations du rythme sinusal ou à l’effort, lorsque la fréquence sinusale dépasse la limite supérieure de la zone de « résonance » du foyer. Elles peuvent s’organiser en tachycardie ventriculaire infundibulaire en salves (ou « TV infundibulaire de type Gallavardin »). Elles sont sensibles au bêtabloquants (cf. Bêtabloquants).

Ces ESV sont généralement bénines, mais seule la négativité des explorations complémentaires permetra de conclure à leur bénignité. Chez un sujet jeune on évoquera de principe une dysplasie ventriculaire droite arythmogène, et on recherchera une anomalie morphologique ou cinétique du ventricule droit (écho cœur, IRM), associée éventuellement à la recherche de potentiels tardifs [3].

NB. Une transition précordiale (ratio R/S > 1) ≥ V4 ou l’absence d’onde S en DI est fortement évocatrice d’une origine au niveau de l’infundibulum droit.  En revanche, un index d’amplitude R/S ≥ 30% en V1 ou V2 et un index de durée de l’onde R (durée du QRS/durée de l’onde R la plus grande entre V1 et V2) ≥ 50% suggèrent fortement une origine gauche (chambre de chasse gauche ou cuspides coronaires) [4].

 


[1] Rosenbaum MB (1969)
[2] Leclercq J-F (2004)
[3] Aquaro GD (2010)
 
 
 
 
 
Dr Pierre Taboulet
Pierre Taboulet
Cardiologue
Urgentiste
Hôpital Saint-Louis (APHP)

 
Ce site est construit à partir du livre

ISBN : 978-2-224-03101-5

publié chez
Vigot-Maloine
(Ed. 2010)
 
 
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