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Faisceaux accessoires

Fibres musculaires organisées en faisceau qui shunte le circuit normal de conduction intracardiaque

Cette voie anormale de conduction favorise les réentrées et peut se compliquer de tachycardies jonctionnelles réciproques et plus rarement de fibrillation atriale (cf. Syndrome de Wolff-Parkinson-White). Les manifestations révélatrices peuvent n’apparaître qu’à l’âge l’adulte. La majorité des patients restent asymptomatiques toute leur vie. --> voir Syndrome de préexcitation

Anatomie.

Les faisceaux accessoires les plus fréquents sont constitués par des myocytes qui conduisent les influx depuis une oreillette jusqu’au ventricule au niveau atrial gauche, septal ou atrial droit (faisceaux atrio-ventriculaires, les plus fréquents, appelés faisceaux de Kent). D’autres faisceaux accessoires sont constitués par du tissu à propriétés nodales et conduisent les influx depuis l’oreillette droite jusqu’au ventricule droit (faisceaux atrio-fasciculaires, plus rares, appelés fibres de Mahaïm). D’autres fibres de Mahaîm partent du nœud AV ou du His et rejoignent le ventricule droit (fibres nodo-fasciculaires, nodo-ventriculaires ou fasciculo-ventriculaires). Une voie ventriculo-atriale à conduction uniquement rétrograde et possédant des propriétés du tissu nodal est responsable des tachycardies réciproques jonctionnelles chroniques (PJRT). Certaines fibres atriohissiennes shuntent le nœud AV (fibres de Brechenmacher). Les fibres atrionodales sont hypothétiques (fibres de James). Les faisceaux accessoires peuvent être multiples et/ou couplés à une dualité nodale.

Propriétés électrophysiologiques:
- sens de conduction : il s’effectue habituellement dans le sens unidirectionnel rétrograde dominant (ventriculo-atriale ou « conduction orthodromique ») et dans ce cas, l’ECG en rythme sinusal est normal ; elle s’effectue parfois dans le sens unidirectionnel antérograde dominant (atrio-ventriculaire ou « conduction antidromique ») et dans ce cas, l’ECG en rythme sinusal se traduit par un syndrome de préexcitation si l’influx qui utilise le faisceau accessoire atteint le ventricule avant l’influx qui utilise la voie AV physiologique. 
- la vitesse de conduction : elle dépend de la période réfractaire ; si cette période est courte, un faisceau accessoire peut transporter dans le sens antérograde jusqu’à 300 influx par minute. Une telle fréquence cardiaque peut être exceptionnellement atteinte en cas de fibrillation/flutter avec préexcitation et conduire à une mort subite. Si la période réfractaire est longue, la préexcitation peut disparaître à une fréquence atriale faible, ce qui protège le patient des tachyarythmies mal tolérées ou fatales. La conduction est permanente ou intermittente et obéit à la loi du tout ou rien [1].
- la période réfractaire : elle est généralement fixe. En effet, il n’y a pas - sauf exception (fibres de Mahaïm) - de conduction décrémentielle [2]. Néanmoins, elle s’allonge avec les années et la préexcitation peut disparaître.
 
 

[1] Ganz LI, Friedman PL. Supraventricular tachycardia. N Engl J Med. 1995;332(3):162-73. Review
[2] Grolleau R et al. Conception actuelle des faisceaux accessoires. Arch Mal Coeur 1998; 91 (I) : 53-60.
 
Voir aussi l'ECG incroyable de fx fasciculo-ventriculaire proposé par S Smith sur son blog US
 
 
 
 
 
Dr Pierre Taboulet
Pierre Taboulet
Cardiologue
Urgentiste
Hôpital Saint-Louis (APHP)

 
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ISBN : 978-2-35640-183-0

Éditeur
S-EDITIONS
(Ed. 01/2018)
 
 
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