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Amiodarone

Antiarythmique impur qui possède des propriétés de classe I, II, III et IV. Sa propriété essentielle est de réduire la conductance potassique ce qui la classe en priorité parmi les antiarythmiques de classe III. Cette propriété provoque un allongement de la phase 3 du potentiel d’action à tous les étages (sinusal, atrial ++, nœud AV, réseau de His-Purkinje, ventriculaire, faisceau accessoire) ce qui allonge la période réfractaire de manière homogène.

L’amiodarone réduit aussi la vitesse maximale de dépolarisation (phase 0), ce qui participe au ralentissement de la conduction au niveau du nœud SA, du nœud AV et dans le réseau de His-Purkinje (effet de classe I). Elle possède également un effet de classe II de type bêtabloquant. Enfin, elle ralentit la dépolarisation diastolique lente (phase 4), ce qui réduit l’automatisme (effet de classe IV).

L’imprégnation après un traitement oral prolongé se traduit sur l’ECG par un ralentissement de la fréquence sinusale, l’allongement de l’intervalle P-R et de l’intervalle Q-T. On observe parfois une repolarisation en S  italique allongé, assez spécifique, avec apparition d'ondes U. Néanmoins, l’hypokaliémie peut conduire au même aspect. 

L’amiodarone est indiquée par voie intraveineuse, si l’hémodynamique le permet, chez les patients avec ou sans altération de la fonction VG, en priorité dans le traitement (classe I) :

- des tachycardies supraventriculaires à QRS larges et réguliers, dont le mécanisme est inconnu

- d’une fibrillation auriculaire rapide pour en diminuer la cadence, en cas d’insuffisance cardiaque ou infarctus (en l’absence de préexcitation)

- des récidives d’arythmie ventriculaire maligne responsables d’arrêts cardio-circulatoires chez les patients défibrillés plusieurs fois ou arythmie symptomatique malgré un défibrillateur (ESC 2012).

- des récurrences de tachycardie ventriculaire polymorphe (sauf QT long congénital), en particulier chez le coronarien (en association avec un bêtabloquant)

Elle est aussi indiquée par voie intraveineuse (classe IIa) :

- pour ralentir une FA en cas d’échec des autres thérapeutiques,

- pour réduire une tachycardie ventriculaire monomorphe hémodynamiquement instable, réfractaire à un choc électrique ou aux autres antiarythmiques

- pour réduire une tachycardie ventriculaire idiopathique (ex. TV infundibulaire) ou une TV sur cardiopathie structurelle comme une dysplasie ventriculaire

Elle peut être utile (classe IIb) :

- pour la cardioversion d’une tachycardie régulière à QRS fins,

- en cas de FA avec préexcitation ou en cas d’orage ventriculaire, seule ou en association avec un bêtabloquant.

 

Elle n'est pas recommandée (classe III)  chez les patients présentant des arythmies ventriculaires non soutenues en raison du manque d'intérêt et de sa toxicité potentielle (ESC 2012).

 
Effets secondaires : l’amiodarone peut déclencher ou aggraver un trouble de la conduction SA ou AV. L’allongement du QT est rarement associé à des torsades de pointes. L’intoxication aiguë est rarement symptomatique par voie orale.
 

La dose de charge pour réduire une tachycardie est PO de 30 mg/kg en prise unique et IV de 5 mg/kg (max. 300 mg) à la seringue électrique, dans du glucosé 5% en 20 à 60 minutes (suivie éventuellement par une perfusion continue de 0,5 mg/min). Le traitement d'entretien PO ou la dose pour ralentir une TSV est de 10 à 20 mg/kg/j (en moyenne 600 à 800 mg/24h). (Vidal 2009)

 
Références
 
Blomström-Lundqvist C (2003)
 
Zipes DP (2006)
 
 
 
 
 
Dr Pierre Taboulet
Pierre Taboulet
Cardiologue
Urgentiste
Hôpital Saint-Louis (APHP)

 
Ce site est construit à partir du livre

ISBN : 978-2-224-03101-5

publié chez
Vigot-Maloine
(Ed. 2010)
 
 
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